Gibson avant Les Paul
Avant de porter le nom d'un guitariste flamboyant, Gibson est déjà une maison installée depuis un demi-siècle. Tout commence à la fin du XIXe siècle à Kalamazoo, dans le Michigan, dans l'atelier improvisé d'un certain Orville H. Gibson. Né en 1856, autodidacte, ce vendeur de magasin de chaussures reconverti en luthier a une idée qui détonne pour l'époque : appliquer aux mandolines et aux guitares les techniques de sculpture du bois héritées de la lutherie de violon. Plutôt que des tables plates et légères, il façonne des tables et des fonds galbés, sculptés à la main, pensés pour projeter le son plutôt que pour l'étouffer.
Ses premières mandolines datent de 1894. Quatre ans plus tard, en 1898, il dépose un brevet pour protéger sa méthode. Le résultat impressionne suffisamment le petit monde musical de Kalamazoo pour que cinq hommes d'affaires locaux lui proposent, en 1902, de transformer son savoir-faire artisanal en véritable entreprise. La Gibson Mandolin-Guitar Mfg. Co. voit le jour. Orville touche un pourcentage sur ses créations et doit, aux termes de son contrat, transmettre ses méthodes aux employés de la nouvelle usine, mais il reste en retrait de la gestion quotidienne. Sa santé décline dès 1907, il meurt en 1918, sans jamais voir la marque devenir ce qu'elle deviendra.

Ce qui survit, c'est un principe fondateur : chez Gibson, le son prime, la construction se pense comme celle d'un instrument de lutherie classique, pas comme un objet manufacturé au rabais. Cette réputation de maison sérieuse, exigeante, un brin conservatrice aussi, façonne l'entreprise pendant des décennies. Elle explique en partie pourquoi, en 1946, quand un guitariste inventif du nom de Les Paul vient frapper à la porte avec une idée jugée saugrenue, celle d'une guitare électrique au corps plein, l'accueil est plutôt froid. Gibson n'a pas besoin d'un excentrique pour bousculer ce qui fonctionne déjà.
L'homme derrière le nom
Lester William Polfus naît en 1915 à Waukesha, dans le Wisconsin. Dès l'adolescence, il se produit à la radio locale sous le nom de Rhubarb Red pour ses incursions country, et de Les Paul pour ses parties plus jazz. Guitariste doué, bricoleur compulsif, il est très tôt obsédé par un problème technique précis : les guitares hollowbody amplifiées de l'époque sonnent creux, bourdonnent, et perdent leur note bien avant qu'il ne le souhaite. Ce qu'il veut, c'est un instrument qui chante longtemps, avec un sustain qui tient la note comme un violoncelle plutôt qu'une guitare acoustique classique.
Sa solution, il la construit lui-même. Entre 1939 et 1941, profitant de ses entrées chez Epiphone à New York où il peut utiliser l'atelier le dimanche quand l'usine est vide, il façonne un instrument qu'il surnomme lui-même « The Log », littéralement « la bûche », en référence à la forme brute de son corps : un simple bloc de pin massif de section carrée, sur lequel il fixe un manche de Gibson, des micros faits maison et un chevalet bricolé. Pour que l'objet ressemble un minimum à une guitare (« les gens entendent avec leurs yeux », dira-t-il plus tard), il scie en deux le corps d'une Epiphone hollowbody et en visse les deux moitiés de part et d'autre du bloc de pin, en guise d'ailes purement esthétiques.
Convaincu de tenir quelque chose, Les Paul présente sa bûche à Maurice Berlin, patron de la Chicago Musical Instrument Company, maison mère de Gibson, en 1941. L'accueil est glacial. On se moque ouvertement de l'engin, qualifié en interne de « gamin avec son manche à balai et ses micros dessus ». Aux yeux de Gibson, cette planche de bois n'est qu'une curiosité de bricoleur, pas l'avenir de la guitare électrique.
Les Paul n'abandonne pas pour autant l'idée, et continue même à jouer avec le Log sur scène et en studio, notamment sur des enregistrements aux côtés de Bing Crosby et des Andrews Sisters. Mais il faudra près de dix ans, et surtout l'arrivée d'un concurrent inattendu, pour que Gibson change d'avis.
La rencontre qui change tout
Ce qui fait basculer Gibson, ce n'est pas une prise de conscience soudaine, c'est la concurrence. Au tournant des années 1950, un réparateur de radios californien du nom de Leo Fender commercialise ses propres guitares à corps plein, la Esquire puis la Broadcaster, renommée plus tard Telecaster. Simples à fabriquer, faciles à réparer, elles séduisent rapidement les musiciens country et western de la côte Ouest. Gibson, qui avait ri de l'idée dix ans plus tôt, voit soudain un concurrent construire, sans elle, tout un marché qu'elle aurait pu dominer. La légende veut qu'un dirigeant de la maison ait alors lancé : « Allez donc rechercher ce gamin avec son manche à balai. »
L'homme chargé de rattraper le retard s'appelle Ted McCarty, tout juste nommé président de Gibson. Fin 1951, en plein hiver, il prend la route depuis New York avec un prototype de guitare à corps plein sous le bras, direction un pavillon de chasse isolé dans les montagnes de Pennsylvanie, du côté du Delaware. C'est là que vivent et répètent Les Paul et sa compagne, la chanteuse Mary Ford. Le trajet dure toute la journée, McCarty arrive de nuit, sous une pluie battante.

Une fois à l'intérieur, il branche l'instrument sur un amplificateur et le tend à Les Paul. Celui-ci se met à jouer, encore et encore, visiblement conquis. Il appelle Mary à l'étage : « Descends, je veux que tu voies ça. » Elle prend la guitare à son tour, la joue, et tranche : « J'adore. » Avant que McCarty ne reparte, un accord est scellé : Gibson produira une guitare portant le nom de Les Paul, et en échange, le couple s'engage à ne jamais se montrer en public avec un autre instrument que celui-ci, sous peine de perdre l'intégralité des revenus liés au contrat.
En quelques mois à peine, l'idée refusée en 1941 devient un projet officiel. L'excentrique du manche à balai est désormais un partenaire commercial à part entière.
1952, la première Les Paul
L'été 1952, le salon professionnel NAMM se tient à New York. Comme seuls les revendeurs y sont admis, pas les musiciens, Gibson organise en marge un événement privé à l'hôtel Waldorf Astoria pour présenter la nouveauté à quelques figures influentes de la profession, guitaristes de studio et de jazz réputés à l'époque. C'est là, dans un salon d'hôtel plutôt que sur une scène, que le monde découvre la première guitare à porter officiellement le nom de Les Paul.
L'instrument tranche avec tout ce que Gibson a produit jusque-là. Le corps associe une base massive en acajou à une table sculptée en érable rapportée, un mariage de deux bois aux qualités complémentaires : l'acajou pour la chaleur et le grain grave, l'érable pour la brillance et la tenue. Les premiers exemplaires arborent une finition dorée du plus bel effet, la fameuse Goldtop. Une légende tenace veut que ce choix ne soit pas seulement esthétique : la peinture dorée aurait aussi servi à dissimuler aux concurrents, le temps que l'idée fasse son chemin, l'astuce de construction de la table en érable rapportée sur le corps en acajou.
Côté électronique, deux micros simple bobinage P-90 équipent le modèle, un choix qui donne à la Les Paul un son plein et mordant, différent du grain plus tranchant des guitares Fender. Le chevalet-cordier, lui, pose d'emblée un petit souci pratique : conçu à la manière des guitares de jazz, avec les cordes passant par-dessus une pièce trapézoïdale fixée en bout de caisse, il rend l'instrument étonnamment difficile à jouer sur les premiers exemplaires. En attendant une vraie solution, on se contente de faire passer les cordes par en dessous plutôt que par-dessus, ce qui améliore un peu les choses sans résoudre le fond du problème.
Les premières guitares partent début 1952 chez le fabricant d'étuis, puis rejoignent Les Paul lui-même fin mai. Les revendeurs commencent à en recevoir dès le mois de juin. Le succès commercial est net et rapide : dès sa première année complète de commercialisation, la Les Paul dépasse en volume de ventes l'un des modèles archtop électriques les plus réputés du catalogue Gibson, l'ES-175. La guitare qui devait concurrencer Fender trouve son public presque immédiatement.
Les ajustements des débuts
Le souci du chevalet trapézoïdal ne pouvait pas rester une simple gêne bricolée en faisant passer les cordes par en dessous. En 1953, Gibson revoit sa copie et confie à Ted McCarty la conception d'une pièce entièrement nouvelle : un chevalet-cordier combiné en une seule barre, vissé directement dans la table sur deux tiges métalliques réglables en hauteur. Ce système, resté célèbre sous le nom de stoptail, corrige d'un coup plusieurs problèmes à la fois. L'angle du manche est également repensé à cette occasion, ce qui améliore encore la jouabilité générale de l'instrument.
Le résultat dépasse la simple correction technique. Avec une intonation plus précise, un réglage plus fin et un maintien des cordes largement amélioré, la Les Paul devient un instrument nettement plus agréable à jouer, et gagne au passage en sustain, cette tenue de note qui obsédait Les Paul depuis ses débuts avec le Log. Les chiffres de vente confirment que Gibson a visé juste : dès 1953, la marque expédie plus de deux mille exemplaires de Les Paul, contre un peu moins de treize cents pour l'ES-175, pourtant une référence installée du catalogue Gibson depuis des années.
Fort de ce succès, Gibson élargit rapidement la gamme. Dès 1954 apparaissent deux nouveaux modèles : la Les Paul Custom, tout en acajou, présentée en finition noire et vite surnommée Black Beauty, positionnée comme le haut de gamme, et à l'opposé la Les Paul Junior, dépouillée à l'extrême avec un seul micro, pensée comme un modèle d'entrée de gamme accessible aux débutants et aux étudiants. En l'espace de deux ans à peine, ce qui n'était qu'une planche de bois moquée en 1941 est devenu une gamme complète, du modèle économique au modèle prestige.
L'âge d'or : 1957-1960

En 1952, Gibson embauche à plein temps un expert en radio et en électronique nommé Seth Lover. Sa mission : imaginer un micro plus puissant que le P-90, capable de rivaliser avec le Dynasonic que propose alors un concurrent, DeArmond. Lover planche sur plusieurs pistes avant de trouver la bonne : un micro à deux bobinages câblés en opposition de phase, qui s'annulent mutuellement pour éliminer le bourdonnement parasite des amplificateurs de l'époque. Le résultat, déposé sous la mention « Patent Applied For » et resté célèbre sous le nom de humbucker, ou « PAF » pour les intimes, équipe la Les Paul à partir de 1957. Le son gagne en puissance, en rondeur, en silence aussi, et devient la signature sonore que l'on associe encore aujourd'hui à la marque.
Le nouveau micro ne suffit pourtant pas à relancer les ventes. Depuis le pic de 1953, la Goldtop s'essouffle année après année, jusqu'à tomber sous les six cents exemplaires expédiés en 1957. Gibson cherche une réponse, et la trouve dans sa propre tradition : celle des finitions Sunburst qui ont fait sa réputation sur les guitares hollowbody. Au milieu de l'année 1958, la peinture dorée disparaît au profit d'un vernis transparent teinté, rouge cerise dégradé vers le jaune, qui laisse apparaître les veines et les flammes du bois d'érable en dessous. Chaque table devient unique, chaque guitare gagne une personnalité visuelle propre.
Ce sont ces Les Paul Standard produites entre 1958 et 1960, aujourd'hui simplement surnommées les Bursts par les collectionneurs, qui sont devenues les guitares électriques les plus recherchées et les plus chères au monde. Le nombre total fabriqué sur ces trois années tient en un chiffre étonnamment modeste, à peine plus de mille sept cents exemplaires. Rareté, finition spectaculaire, micros PAF légendaires : tous les ingrédients d'un mythe sont réunis. Ironie de l'histoire, à l'époque, ce chiffre de production modeste ne traduit pas une exclusivité voulue mais un désintérêt bien réel du marché. La Les Paul, dans sa forme originelle, vit alors ses derniers mois.
La traversée du désert et la renaissance
Fin 1960, Gibson tire les conclusions qui s'imposent : la Les Paul dans sa forme originelle, corps épais à simple échancrure, ne se vend plus assez. La marque la retire purement et simplement du catalogue et la remplace par un nouveau modèle plus fin, à double échancrure, plus léger et plus rapide à fabriquer. Le nom Les Paul reste un temps sur la tête de manche, mais le guitariste, alors en instance de divorce avec Mary Ford et dont le contrat commercial avec Gibson n'est pas reconduit, n'apprécie pas ce nouveau dessin qu'on ne lui a pas soumis. Il obtient que son nom soit retiré du modèle, qui poursuivra sa carrière sous son seul acronyme : SG, pour Solid Guitar.
Pendant quelques années, les Les Paul de l'ancien modèle deviennent des guitares d'occasion invendables, jugées démodées, que l'on trouve pour trois fois rien. C'est justement cette dépréciation qui va, sans le vouloir, préparer leur retour en majesté. En 1965, un jeune guitariste anglais de vingt ans, Eric Clapton, achète une Les Paul Standard Sunburst de 1960 dans une boutique de Charing Cross Road à Londres, pour l'équivalent d'environ cent dix livres, le prix d'un instrument d'occasion qui ne fait envie à personne à l'époque.
L'année suivante, sur l'album Blues Breakers with Eric Clapton enregistré avec John Mayall, Clapton branche cette Les Paul dans un ampli Marshall poussé à fond, micro chevalet, tous les graves en avant, au bord de la saturation. Le son qui en sort, épais, mordant, radicalement neuf pour l'époque, marque durablement toute une génération de guitaristes. On voit bientôt fleurir sur les murs de Londres le fameux graffiti « Clapton is God ». Du jour au lendemain, la vieille Les Paul mise au rebut par Gibson devient l'objet de tous les désirs chez les guitaristes du blues-rock britannique naissant, Peter Green en tête.
Gibson met quelques années à comprendre ce qui se joue outre-Manche, mais finit par répondre à la demande : la Les Paul à simple échancrure revient officiellement au catalogue en 1968, huit ans après sa disparition. L'excentricité refusée en 1941, abandonnée en 1960, est cette fois de retour pour de bon.
Une guitare devenue icône
Une fois relancée par Clapton, la Les Paul ne quitte plus la scène du rock. Jimmy Page, guitariste de session avant de fonder Led Zeppelin, en fait très vite son arme de prédilection. Sa guitare de studio des années 1960, une Les Paul Custom noire de 1960 surnommée Black Beauty, l'accompagne sur d'innombrables séances puis sur les débuts de Led Zeppelin. En avril 1970, en pleine tournée américaine, elle disparaît purement et simplement à l'aéroport de Minneapolis, probablement volée par un employé de piste. Page publie une annonce dans Rolling Stone, sans succès. La guitare réapparaît quarante-cinq ans plus tard, en 2015 : un collectionneur du Minnesota, qui l'avait achetée sans savoir ce qu'il possédait, la revend, et des marques de modifications caractéristiques, des perçages pour des interrupteurs que Page avait fait ajouter, permettent de l'identifier avec certitude. La guitare rejoint enfin son propriétaire d'origine, quatre décennies et demie après sa disparition.
D'autres Les Paul traversent les générations sans jamais quitter la même famille musicale. Peter Green, guitariste de John Mayall puis fondateur du premier Fleetwood Mac, joue dès 1966 une Les Paul de 1959 au son étrangement nasillard en position intermédiaire, conséquence d'un micro manche monté à l'envers lors d'une réparation. En 1970, alors qu'il s'apprête à quitter la scène musicale, Green cède l'instrument pour une somme modeste à un jeune guitariste irlandais qu'il a pris sous son aile, Gary Moore, en lui disant simplement vouloir que la guitare ait « une bonne maison ». Moore en joue pendant vingt-cinq ans, sur son travail solo comme avec Thin Lizzy, avant de devoir s'en séparer en 2006 pour des raisons financières. Surnommée Greeny, elle appartient aujourd'hui à Kirk Hammett, guitariste de Metallica, qui l'utilise toujours en studio comme sur scène.

Le monde du hard rock a lui aussi sa propre légende de Les Paul itinérante. Joe Perry, guitariste d'Aerosmith, possède dans les années 1970 une Les Paul Standard de 1959 qui devient sa guitare principale. Revendue au début des années 1980 dans une période difficile pour le groupe, elle atterrit entre les mains du jeune guitariste de Guns N' Roses nommé Slash, qui la joue pendant plus d'une décennie. Une fois Aerosmith remis sur pied, Perry cherche à récupérer ses anciens instruments et découvre, via une photo de magazine, que sa guitare se trouve entre les mains de Slash. Celui-ci refuse pendant des années de s'en séparer, avant de finalement la lui offrir, sans contrepartie, pour ses cinquante ans. Slash se fait alors fabriquer une réplique par Gibson pour continuer à tourner avec l'instrument qui l'a accompagné depuis ses débuts.
Au Texas, Billy Gibbons, guitariste de ZZ Top, doit sa propre Les Paul de 1959, surnommée Pearly Gates, à un concours de circonstances presque providentiel. Il a prêté une vieille voiture à une amie actrice pour qu'elle se rende à une audition à Hollywood ; elle décroche le rôle, revend le véhicule, et lui reverse sa part de la vente. Le jour même où l'argent arrive, en 1968, Gibbons se rend chez un vendeur isolé dans la campagne texane qui propose justement une Les Paul de 1959, achetée pour deux cent cinquante dollars. Un mot d'amour glissé dans l'étui d'origine accompagne toujours l'instrument aujourd'hui. Cette Les Paul est de toutes les sessions studio de ZZ Top depuis 1971.
La Les Paul séduit même des guitaristes qui ne s'en réclament pas au quotidien. David Gilmour, de Pink Floyd, joue presque exclusivement des Fender Stratocaster tout au long de sa carrière, mais c'est bien une Les Paul Goldtop de 1955 qu'il branche pour enregistrer le célèbre solo d'Another Brick in the Wall, Part 2, en 1979. Même histoire du côté de Mark Knopfler, guitariste emblématique de Dire Straits et fidèle lui aussi à la Stratocaster : c'est une Les Paul, posée devant un micro légèrement décalé par accident lors d'une session, qui donne au riff de Money for Nothing son grain si particulier, un son que le groupe garde tel quel une fois l'heureux hasard découvert. La même guitare sert également sur Brothers in Arms.
Qu'elle soit la fidèle compagne de toute une carrière ou l'écart ponctuel d'un guitariste habituellement attaché à une autre marque, la Les Paul s'est taillé, guitare après guitare, anecdote après anecdote, une place à part dans l'histoire du rock. Rejetée en 1941, abandonnée en 1960, elle est aujourd'hui de tous les genres, du blues au metal, et continue, plus de soixante-dix ans après sa sortie, à porter le nom de l'homme qui rêvait d'un simple morceau de bois capable de faire chanter une note un peu plus longtemps.